12.07.2007
Le mal de la ville et la fougue du lampadaire. Silence... Tu as un nez magnifique.
J'essaie d'écrire à jeûn, sans fond sonore j'entends, mais rien ne saurait pourtant ôter de devant mes prunelles abasourdies les images et ...oh c'est un très mauvais début. Que puis-je écrire ici? Ca ne saurait avoir de sens, mais je ne pourrais passer outre quand même... Donnez-moi un mot, une esquisse d'intelligible... NON. Celà fait longtemps, là j'ai envie d'être egoïste. Rien ne franchira le seuil de ma pensée.
Mais si bien tard après l'autre nuit, couchée en chien de fusil sur un paillasson dans je-ne-sais-plus-quel-immeuble, je n'arrivais pas à fermer l'oeil à cause d'une lumière à la source introuvable, il me semble à présent que c'était une torche allumée en mon être - que c'est mauvais, regardez comme on devient lamentable à évoquer des moments pareils! - Oh oui la Lumière faite chair entrée par mes orbites et soudain honteuse j'irradie. Pourquoi moi? Ce n'est pas mon genre pourtant de luire de la sorte, d'ailleurs je t'ai empêché de dormir. Ha, je hais cette rue, mais bon sang, c'est aveuglant. Piétinez-moi, etc, je crains que ça mette du temps à s'éteindre.
"Trois Heures Vingt-et-Une ou Comment La Mort M’A…"
Tu as connu également la sensation de la terre sous les pieds nus dans tes sandales. Fraîche et agréable comme du sable retourné, mais ton inconscient dans lequel s’est ancré l’image des grains noirs salissants empêche le rêve d’aller à son terme. Tu gis dans l’herbe, et il y a, pas forcément dans l’ordre parce que tout cela est très décousu quand tu te cabres la tête en bas ou rejetée sous toi et une jambe à l’est avec ton bras gauche, il y a donc de l’herbe, d’un vert tendre de printemps, qui vient de commencer à se dessécher aux premières grandes chaleurs, et un mur de briques rouges et par-dessus des branches immenses et fines comme des doigts magnifiques aux joyaux de cerises pas encore rougies, et ça et là encore quelques fleurs blanches dans les feuillages. Des corbeilles d’argent jaillissent d’un interstice dans un vieux muret, peut-être un oiseau y avait-il déposé des graines – qu’il aille au Diable - et là encore le mauve rassurant de la lavande et du lilas, et les pages que tu as arrachées sous toi, l’encre s’imprimant contre la paume de tes mains moites et tu tends ton corps comme si les os de tes hanches allaient poindre à travers ta peau et tu voudrais que personne n’ai jamais été mort, et tu préférerais peut-être que personne n’ai jamais vécu, avant, dans ton esprit, les cerisiers seraient moins acerbes et les corbeilles d’argent moins condescendantes et le plaisir moins de douleur et tu te moques de crier comme d’une guigne parce que pour toi c’est un paysage désert même hors-cadre que la vie à quitté pour toujours. Tu dis :
« Ils ne nous regardent pas n’est-ce pas, non, ils sont tous muets et réduits en cendres, ha, comme le souffle me manque pour m’en inquiéter encore. » Quand tu te retrouves le visage au ras du sol tu cueilles une pâquerette à tige trop longue entre tes dents et malgré la délicatesse de ton emprise ta mâchoire tremble et tes dents pressent la tige, et la sève coule sur ta langue, amère et infâme, qu’est-ce que la beauté des choses ? La grille à rouillé et par endroits la peinture verte s’est irisée de nappes violettes ou cuivre, un peu comme une peau de pétrole, et le soleil chauffe le métal mais il fait encore assez frais pour qu’une brise légère sèche la sueur à ton front, tu ressens le frisson par la nature et non par ton propre corps, mais dans le frémissement d’un feuillage, le gémissement d’une branche, la chute voluptueuse d’une fleur de cerisier ou la cambrure alanguie d’une gerbe de forsythia. Et il y a comme un désespoir éhonté dans cette nature orpheline, tout est mort ici songes-tu, tout est muet et mort que seul le vent agite, et dans l’ultime courant qui t’emportes tu penses que tu n’as vu ni entendu chanter aucun oiseau depuis que tu es entrée ici. C’est leur chair que tu foules et leurs dépouilles que tu piétines, dans ces tranchées presque effacées par les pluies et la brise dans lesquelles tes pas s’enfoncent, le goût de la sève c’est l’haleine d’un mort, et vos vies et vos cœurs qui battent crachent au visage de ses cadavres, à l’honneur de la famille, à la pérennité des choses et des êtres, à qui pour observer les portraits des disparus quand les branches se brisent tu dis : « J’ai oublié les noms, tu sais, qu’est-ce qu’un nom quand plus personne n’est là pour appeler ? Dis mon nom, je t’en supplie dis mon nom, dis-moi que nous ne sommes ici que des profanateurs de silence. Que reste t-il que la nature, témoin insolemment muet gardant pour elle et les rires et les danses, quelqu’un s’est-il jamais fait aimer comme moi au milieu de ce jardin en friche ? » Et ici tu baisais la main qui presse ton mamelon comme s’il allait en couler cette même sève, savons-nous que nous sommes morts ? Te donneras-tu la peine de brûler ce que de toute manière le temps finira par détruire ? Tu imagines les racines et les branches perçant les toiles et les briques se fissurant et la pluie s’infiltrant partout, ruinant tout, décollant et déshabillant les murs du Papier peint de style Régence à peine passé dans la grande chambre. Le lit, le bois, la poussière dénaturés, tu effleures le velours du fauteuil et le marbre de la cheminée. Ici dort la lourde pendule Art Nouveau dont l’horloge est encadrée de colonnes de marbre, soutenant un fronton sur lequel est couché un grand chien de bronze doré, et tu réalises combien cet assemblage qui t’était si familier te paraît à présent incongru, dérangeant. Les aiguilles se sont arrêtées sur trois heures et vingt-et-une minutes. Trois heures vingt-et-une pour l’éternité, un tableau figé de trois heures vingt-et-une et encore une boite à pilules de porcelaine posée sur la table de chevet de gauche. Tu ôtes tes sandales et tes pieds terreux écrasent la moquette rose de treize heures vingt et une et te jetant sur le lit, serrant les draps contre ton visage, tu te rends compte avec déception que ce lit sent déjà la poussière, les odeurs des corps sont-elles donc si éphémères ? Plus un parfum ici, plus une odeur familière comme une voix ou un glissement de pas, ainsi est la fascinante propension des choses à vivre sans nous, à nous oublier, à oublier le parfum d’une femme qui passa des milliers de nuits de sa vie dans cette chambre, à renier après notre départ leur ancienne appartenance. Il n’y a rien auxquelles les maisons orphelines ne soient plus fidèles que la poussière. Elle te fait éternuer, te prend à la gorge comme une sœur ennemie, poudre mystère comme toi intruse et fille du temps, de l’endormi, comme des cendres envolées hors de leur urne. Qu’ils aillent au Diable. Le plafond est plein de fissures mal dissimulées sous de fines couches de peinture blanche. Pendant que tu suis des yeux les lignes de vie des peintures qui s’écaillent la sève coule sur le dessus de lit mais tu veux rester ainsi encore un peu, il t’a laissée seule mais tu dis :
« Pourquoi la poussière n’a-t-elle pas de prise sur les corps vivants ? » La poussière c’est ce qui reste du sang séché dans les veines décomposées et que le vent disperse. Le carrelage est froid et il y a une ribambelle de petits flacons de parfums, fioles de verre multicolore posés sur une petite tablette. Sans les ouvrir tu sens le chèvrefeuille, tu revois la petite bouteille dissimulée sous ta robe à fleurs et tu savais qu’ils savaient mais qu’ils te laissaient faire. Et, douce ironie, il reste des poils de barbe sur les lames de rasoirs, d’une barbe qui ne poussera plus. Tu ouvres la petite armoire à pharmacie, et l’odeur de l’arnica et du camphre te saisis. Gisant là devant toi, un tube de lubrifiant. Personne n’a eu la décence d’enlever ça. Tu claques la porte, dévales l’escalier de bois terne qui geint, tu as les joues rouges mais tu te trouves si pâle dans la glace des morts. Avec la maladresse de la précipitation tu presses ta bouche et les lèvres qui te répondent sont chaudes et moites mais c’est déjà le souffle aigre de la mort. Et tu saisis la main qui te cherche et tu t’enfuis à travers la grande allée, et le vent agite les maudits cerisiers qui continueront de donner leurs fruits pleins de sucre bien après que tu n’aie quitté cette terre, et tu fuis l’oubli et la grande faucheuse de trois heures vingt-et-une aux mains enduites de lubrifiant et aux yeux de bulbes desséchés mais c’est comme si la mort était entrée par tes orbites et tu songes j’ai baisé la mort, j’ai baisé la mort dans ce jardin, où bien la mort m’a-t-elle baisé ?
Tout est gris sous le soleil estival, tu dis : « J’ai mal, ta peau était violacée, je le sens, Pippe. »


03:30 Publié dans * Plus Que Jamais | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Some, said, "I, had, a, dream"
10.05.2007
En Vespa, tout est possible
Parutions diverses & variées; Dis-moi, combien de temps que tu n'avais pas écris attablée à La Fourmi devant un demi à la violette? Les gens sont toujours les mêmes, en fond sonore quelque compilation Motown; Je me sens bien (&) là.
?Comment aborder le jeune intellectuel en jean étroit & veste de velours plongé dans son carnet moleskine?
-"Excuse-moi, tu n'aurais pas une cartouche..?"
Je nous aime, vu de l'extérieur. A l'intérieur c'est un peu en friche.
“Gallo se leva avec une flemme sciemment évidente lorsque la jeune fille pénétra dans le bureau surchauffé, un timide sourire aux lèvres, et les joues empourprées. Ses yeux vitreux s’attardèrent sur la chair diaphane de sa petite poitrine voilée par l’étoffe d’une robe courte noire à pois blancs, jusqu’au galbe pertinent de ses jambes découvertes. Retrouvant le ton du vrai professionnel, d’un signe franc et sec de la tête, il invita la demoiselle à s’assoire. Derrière le clavier de son ordinateur, l’assistant stagiaire ne se permit aucune manifestation, pas même sûr que la fille fut consciente de son existence. Entre le bureau de Gallo et la plante d’intérieur, Pierre Martel et ses dix-neuf ans insignifiants se fondaient avec homogénéité dans le décor glauque. Gallo se laissa retomber dans son fauteuil à roulettes tandis que son interlocutrice s’assit sur le bord de la chaise de bois écaillé qui lui évoquait, pas forcément dans l’ordre, une chaise de classe primaire des années cinquante, une construction primitive indienne, voire un cadavre quelconque digéré par des termites. Le bois craqua injurieusement.
- Mademoiselle Faustina D., née le *** à Montreuil, c’est bien cela ?
Faustina acquiesça avant d’avancer prudemment sa carte d’identité vers l’homme, comme si elle eût peur de le froisser par trop de zèle.
-Mademoiselle, reprit Gallo d’un ton nonchalant en plantant ses yeux jaunis dans ceux de Faustina, je pense que vous savez pourquoi vous êtes ici…
-Oui, coupa t-elle d’un souffle, vos collègues m’ont informés par téléphone de cette triste nouvelle, et si je puis vous aider en quoi que ce soit…
Gallo l’abrégea d’un ton navré et goguenard :
-Alors il me semble que selon les dires de vos amis vous ayez passé une partie de la soirée en compagnie de la victime, connaissiez vous Edouard Ballar depuis longtemps ?
Faustina sentit les battements de son cœur s’accélérer alors que l’adjudant répugnant mentionnait le nom du garçon. Elle avait presque pleuré quand Caroline lui avait annoncé la nouvelle tôt ce matin-là. Elle sortait d’un sommeil éthylique, elle n’avait pas compté les Martini, les bières aromatisées dont ils s’étaient saoulés dans les banquettes de cuir, la lumière bleutée et les accords distordus des guitares comme une nappe brumeuse invitant à la débauche, puis après dans la rue, sur les marches de pierres derrière la salle… Edouard Ballar, dix-huit ans, comme c’était dommage, comme elle aurait aimé le revoir… Son sourire candide et ses lèvres rondes et pleines, ses pupilles vives et ses gémissements terribles.”

♠ & only fools, vultures & undertakers will have any time for you… OH ♠
“ C. M’émeut profondément; On dirait un petit animal blessé.” (B)
« De toute façon c’est mort il a essayé de violer mon cousin. » (D.)
«Tas de déchets. Déchets orduriers qui s’écoulent de ta porte. » (S.)
Vendredi je vais voir les Horrors au Point FMR. J'espère que ça sera bien; je veux dire j'espère que ça ne sera ni du Sonics simpliste, ni du mauvais Fuzztones. Mais ça va être fun, c'est sûr.
Ah, j'oubliais : N'achetez pas les nouveaux chewings gums mentos & je vous quitte sur quelques moments de solitudes.


19:42 Publié dans * All those charming Messieurs Mèches | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : La Fourmi, The Horrors, Meurtre, à, la, pelle, tarte
09.02.2007
That's where all of our sighs go go gooo !




And now... one of the ‘Midnight Tales’
He came in trough the window. I had opened the violet notebook on my lap.
I was sitting by that winbow, waiting for his voice to come. The sparkling stars in his eyes were looking up, towards their twins in higher skies. His lips were rounded in silence, red and soft and perfect, his breath suspended in the air. His hair was slightly floating in the breeze, sweetening his dreamy face. Around him was floating a cloud of lilac haze, oh, Lord ! How he was alive! Suddenly, he took his breath, and immediately, I put my pen against the page, my hand firm but thrilling with eagerness. Then, after a forgotten second or two, his voice came out, deep, smooth but vibrating in the room, declining itself in myriad of waves and tones, and I heard the sweetest curves of his vocal chords, on his tongue and through the gap between his front teeth. I began to write; The words, I had no time to understand them, I just had to try to capture the most of his prose, but he was speaking to fast; “Wait!” I asked unwilling, quickly ashamed; Though not hurt, he went on more quietly for an unmeasurable moment, unfixed and riffeling. And when he was done, finally, he stopped an poured his divine look upon me. “Well, let’s read the whole thing again” he said with majesty. I knew my face was red, my cheeks were burning, but his eyes were strangely soothing. “I’m not sure I’ve had the time to write it all” I said, my voice falling to pieces. “Who cares, please go on” he replied, blinking his glittering eye. So I read the three pages I had written, and didn’t stopped, though that was the most wonderful prose I’d ever known or written, prose that made tears come to my eyes and my heart beat slightly faster. I knew I couldn’t have had written it on my own, for it was far too beautiful, though it was indeed my own handwrite. So I quickly closed the violet notebook; But when I looked up again, The man was gone.
17:15 Publié dans * Plus Que Jamais | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tu, écris, sur, l'été, à, Paris
