« 2007-10 | Page d'accueil
| 2008-05 »
21.04.2008
Merde, je ne sais plus nous faire de mal // Haine dans tes prunelles la frustration a rongé ton paraître. Dot.
« Je suis finie je n’ai plus rien je ne veux plus jamais sortir » et l’obscurité du disque presque pop élégiaque d’où ne se détachaient plus que le mot gâchis & la complainte du monde.
De la Nostalgie considérée en tant que maladie chronique, regretter même le pire pour son appartenance au passé impalpable déjà celui de la minute précédente. Nostalgie de la souffrance et de l’auto propagande de la dépression sans création.
Tu me sers un bol de quaker oats à une heure du matin car chez moi les placards sont vides depuis longtemps l’été revient un jour sur trois et fumer délictueusement toutes nos soirées me délasse admirablement. Un clope et un autre clope, de mal en pis, le docteur a dit « C’est la cause d’une mauvaise hygiène de vie, vous fumez et vos veines sont assez fragiles les vaisseaux les plus fins explosent et ça vous fait ces petites tâches rouges là où la peau est tendue ».
Allongée lit étranger yeux rivés au plafond insomnie erreur illogisme incongruité méprise boule dans la gorge faiblesse idiote désirer un bref instant les gémissements et les soupirs de jeune fille de J jamais pris ; attendre le matin les voir débarquer aussi frais que lorsqu’ils sont partis nous virer de leur lit investi sans scrupules, se lever marcher jusqu’au métro six heures du matin clameurs sur la place de la Bastille manifestation PS ils scandent des slogans inaudibles et brandissent des banderoles MITTERAND : tournage d’une production au budget minable en vérité. Ventre vide nausée paralysante renvois d’alcool. Plafonds blancs draps étouffants jamais a sa place toujours attendre de pouvoir s’échapper lettres tracées au feutre rose dans le bas du dos I love BK absurde pas comme ça plus comme ça dormir encore et
B. de nouveau soupirant sur le siège du train regardant défiler les paysages ‘tout ça m’emmerde’ et B soupirant à la terrasse d’un café du dix huitième et B soupirant et souriant quand même et déambulations ivres dans les magasins beau de voir ça dans le cœur d’un autre être.
Je me rappelle A m’abandonnant au paroxysme de la folie lacrymale FIAC octobre 2007 yeux trop embués pour retrouver mon chemin oreilles assourdies de voix brouhaha humain trébucher dans les rues ne plus retrouver le métro appeler C pour hoqueter au téléphone, abrutie de nuits blanches et de fièvre gens inhumains insensibles bordure de quai train à l’approche genoux vacillants se dire un peu plus et tout ça s’arrête et puis bien sûr monter dans le train et la terrible certitude rassurante d’être là demain quoi qu’il advienne. C me serre me shoote au lexomil je m’écroule dans ce bar plancher crasseux j’embrasse V sur un morceau de Primal Scream je vide mon cœur sur l’original on sait mais je ne dit pas tout quelques jours plus tard je perds V sans comprendre que le rictus monstrueux sur son visage je m’autorise ensuite à comprendre peu à peu pourquoi les choses en sont arrivées à ce stade mais pour V le mystère reste opaque
Mon jumeau né un jour avant moi le regarder me voir si j’avais été homme été complice et léger nuits bords de seine et whisky magasins de guitares tous les cafés de saint Paul te créer comme tu le voulais et ha V te perdre sans la moindre explication rationnelle essayer de recoller les morceaux et échouer lamentablement.
Mes vaisseaux explosent une heure du matin TV en sourdine rire et lui parler de toi te revoir J et progressivement l’évolution qui se joue sur tes traits Peau de Chagrin Dorian Gray Faust traits durcis prunelles vides blafard sec jusque dans tes sourires te savoir crier ta joie et ne voir que les tortures repoussées dans les recoins de ton âme exploser comme des vaisseaux fragiles à la surface de ton être ; tu as encore maigri ; est-ce que qu’un jour tu sauras enfin crier h.a.i.n.e et tout recommencer. Pas aussi cyclique que tu le crois.
Je ne t’en parlerais jamais et c’est un gâchis immense que tout ces faux semblants. H.a.i.n.e c’est beaucoup dire. Certaines choses insultent ta pensée et le reflet dans la glace.
Echoppe close rue silencieuse pour le premier soir ne plus jamais trébucher sur ces pavés sous cette lumière orangée martini dans la ruelle amour éthylique idiot mordre dans les paninis de N vin blanc promesses polaroids promesses sur le zinc brisées comme une corde trop tendue pas moyen de s’accorder ivre. (…)
Ho merde je ne sais même plus me faire du mal.
14:36 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : essais et nostalgie du pire
16.04.2008
Et après on en parle plus (parce qu'il y a ceux qui savent qu'il y a ceux qui savent et il y a ceux qui préfèrent ne pas savoir qu'il y en a...) : "UNTITLED" (Novembre 2007; mois du néant 01)
Le ciel céda à cinq heures treize de l’après-midi – Ca faisait déjà bien plus d’une heure qu’il s’était couvert d’une couche nuageuse noire et âcre, et à présent la pluie cinglante s’était mise à gifler le pare-brise. Dans l’autoradio tournait le Raw Power d’Iggy and The Stooges, - ‘Your Pretty Face Is Going To Hell’- primaire et animal, mais d’une familiarité réconfortante. Elle lui tendit le paquet de Chesterfield. Il en ficha une entre ses lèvres, l’alluma, cracha ses poumons et lui tendit la clope. Ils fumèrent, à tour de rôle et en silence. Ils doublèrent un poids lourd ; Dans le coffre, le type heurta les hauts parleurs.
- J’espère que ce fils de pute ne va pas saloper la sono avec son sang de bâtard.
Elle cilla, mais il était apaisé maintenant, et il avait ce profil d’éphèbe, alors elle sortit le polaroïd dézingué de sa besace de cuir élimé et le flasha sans un mot. Elle se regarda dans le rétro latéral et griffonna sur le cliché qui se révélait à peine
« Je crois bien que toi et moi avons un peu vieilli. »
Puis elle coinça la photographie sur le tableau de bord. Ils arrivaient à un péage, l’autoroute était quasi-déserte, il ralentit à peine en s’engageant sous la flèche verte, freina un peu abruptement. Mais ils étaient là, il les aperçu seulement après avoir lâché la somme à un garçon au visage dénué d’identité : les trois flics mouillés, apathiques, et d’autres dans un fourgon sur le bas-côté. Tous deux les regardèrent, dans la Peugeot crasseuse, lui derrière ses Aviators aux verres mercurisés, elle au travers des fenêtres quasi-opaques de ses Wayfarers. Il remonta la vitre et appuya sur l’accélérateur, et dans le rétroviseur il vit les flics arrêter la Mercedes briquée qui les suivait. Il se marra, elle sourit, il ne prit même pas la peine d’éviter un lièvre crevé au milieu de la voie, la voiture tressauta, l’Iguane s’étouffa, et on entendit le black heurter la sono.
Elle repensa à son air menaçant lorsqu’il les avait coincés ce matin-là à la sortie du café, un peu plus de six heures, ils avaient bu quelques expressos avant de prendre la route. Ils avaient ouvert le coffre et le type s’était pointé, une armoire à glace en fringues de sport. Puis elle se rappelle son ignoble grimace quand la lame du couteau suisse lui avait crevé le bide, et comment elle avait attrapé sans réfléchir le pack de bières dans le coffre et le lui avait balancé à la tête à trois reprises. Et lui, charcutant le gars à terre, les pupilles comme des soucoupes, l’écume aux lèvres, les mains tremblantes et maculées de sang. Alors elle avait pris l’appareil et avait tiré un polaroïd dantesque.
L’Iguane lâcha ses derniers hurlements, puis on entendit plus que la pluie battante, le vent, le glissement de la vieille 205, à toute berzingue. Il s’engagea sur la première aire de repos, se parqua juste devant le resto et coupa le contact. Ils se regardèrent. Une indescriptible atmosphère régnait dans cet espace confiné, derrière le pare-brise embué, leurs genoux remontés sous le menton depuis des heures, et ce silence. Et cet entendement, cette reconnaissance. C’était impossible. Elle ouvrit la portière à la volée, et ses jambes engourdies la portèrent à peine. Elle l’entendit verrouiller la caisse.
Ils se dirigèrent vers le Restoroute, néons crus et vitres grasses, il mourrait de faim et songeait qu’elle ne devait pas en mener bien large non plus, d’ailleurs. Ils marchaient côte à côte, maintenant. Le restoroute était quasi désert, seules deux filles toutes en chair et en dents gloussaient en anglais à une table. L’endroit suintait de graisse, empestait la friture, comme si l’air ambiant transpirait l’huile et la crasse par tous les pores – C’était à pleurer. Ils commandèrent deux burgers, deux frites et deux grands colas, puis se posèrent à une table. Il commença à engloutir la bouffe sans trop réfléchir, alors elle l’imita, et leva les yeux de ses frites pissant l’huile et du burger infecte et rassis, pour oser planter ses prunelles dans les siennes. Ils avalèrent ainsi leur plateau avec une avidité hors de contrôle, sans se lâcher des yeux, léchant leurs doigts dégoulinant de graisse et de ketchup. Ils se fixaient avec calme cependant, sous les mèches mouillées de leurs cheveux, fourrant impulsivement cette dégénérescence de repas dans leurs bouches. Elle le vit progressivement pâlir, et sa rétine trembler ; il baissa les yeux et essuya ses lèvres du revers de sa main. Cette scène était familière. Ils avaient perdu, il y avait longtemps. Il n’y avait plus de mots à oser en de pareilles circonstances. Les hauts parleurs se mirent à diffuser en sourdine, entre deux scies d’easy-listening de supermarché, un morceau des Clash. Tout cela était délicieusement absurde. Elle fixait froidement l’auréole écarlate sur la manche de son trench. Elle ne voulait pas croiser ce regard. Elle finit par dire, fouillant dans sa besace :
- Tu veux prendre un café ? Je vais en faire deux, j’ai de la monnaie…
Sans attendre de réponse elle se leva. Il fallait d’abord acheter des jetons au comptoir puis les mettre dans la machine. Elle appuya sur la touche ‘expresso’ : la machine se mit à cracher un café nauséabond, et elle s’en foutait.
Lui s’était levé aussi, et tanguait vers les WC du restoroute, le teint blafard, et les yeux vitreux. Trop de bandes d’autoroutes, trop de verre du pare-brise lessivé comme une grève, trop de folie pour la fixer de nouveau ainsi, la lèvre tremblante, la prunelle choquée.
-Il est si tentant de s’amouracher d’illusions –
Il poussa la porte du bouge, s’enferma dans la cabine et appuya son dos contre la porte. Derrière la tuyauterie, un panneau d’aluminium lui renvoya son reflet trouble et oscillant ; La puanteur était à crever et il s’en foutait. Il fit glisser la braguette de son Levi’s moulant, puis baissa son jeans fébrilement. Ses mains tremblaient de nouveau. Il fit remonter la droite, lentement, referma ses doigts crispés, les yeux clos. On venait d’entrer dans les toilettes - les deux anglaises - l’une tenta d’ouvrir la porte. Il laissa échapper un soupir délictueux et se mordit la lèvre pour étouffer un gémissement, mais c’était trop tard. Ses jambes flageolantes se dérobèrent, il se laissa glisser le long de la porte et tomba en avant les mains sur la cuvette répugnante. La nausée paralysa sa langue, la sueur coulait de ses tempes ; Il se mit à vomir aussi incontrôlablement qu’il avait joui.
Elle buvait son café à petites gorgées - pas si infâme [finalement]. Elle vit ressortir les deux filles des chiottes, gloussant comme des baleines. Elle ne s’en inquiéta pas parce qu’elles étaient adipeuses et moches, bien qu’il y en ai eu des pires, avant et après.
Le café était une autre addiction : Il l’empêchait de fermer l’œil mais c’était une prolifique extasie ;
Il émergea enfin, le teint verdâtre, tanguant sur ses jambes fines jusqu’à la table et, quand il s’inclina pour s’asseoir, elle crû qu’il allait basculer sur elle. Elle croisa son regard vitreux et baissa les yeux : Les manches de son trench étaient tâchées de vermillon et luisantes. Mais ils savaient qu’il tiendrait le coup. Ils finirent leurs tasses et puis elle ouvrit soudainement la bouche, laissant malgré tout ses lèvres en suspend, et il écarquilla les yeux si grands comme si elle allait proclamer l’heure du jugement dernier, c’était insupportable, elle aurait balancé n’importe quoi. Elle connaissait ce regard à la con. Elle se ravisa.
Il se leva et lui tendit bêtement la main. Elle ne la prit pas mais ils marchèrent côte à côte dans le vent jusqu’à la voiture. Une autre petite demi heure de route sous la bruine dans la nuit tombante, les haut-parleurs contrariés par le cadavre, le silence convenu et la nécessité de la pose, self control implacable, et pour lui de ne pas s’assoupir, les ongles enfoncés dans le caoutchouc du volant. Bientôt se serait les néons et le bruit, et derrière leurs verres teintés le désir de l’insouciance du passé. Elle ferma les yeux, la tempe appuyée contre le verre glacé de la vitre ; Elle sombrait lentement dans l’abandon du glissement des voitures sur la chaussée trempée, ponctué par instants d’une de ses quintes de toux étouffées et acerbes. Et de nouveau : C’était un moment presque
La luminosité grise du milieu de mâtinée s’infiltrait entre les rideaux. Ses membres étaient engourdis, ses oreilles sifflaient légèrement. Elle se rappelait avoir eût très chaud, le front baigné de sueur, mais à présent c’était une froideur lancinante qui l’avait tirée du sommeil. Bien entendu, la chambre était vide.
Et elle n’aurait pas besoin de se lever, de regarder par la fenêtre pour savoir que la voiture n’était plus sur le parking de l’hôtel depuis longtemps. Elle n’aurait pas non plus envie de découvrir les deux cent euros déposés en liasse sur la coiffeuse, ni ce mot vicieusement prévisible qu’il ne serait même pas nécessaire de lire…
Quelque part, des gens s’éveillaient crevaient et chiaient.
02:32 Publié dans * All those charming Messieurs Mèches | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : autoroute, colonel schultz, braconnage, fauchés en pleine grâce sur une voie...
09.04.2008
Bientôt, peut-être; La Vie est un eternel recommencement; And in your arms I fall again Faune Cosmique Lumière & Cendres
"I've been set free and I've been bound
To the memories of yesterday's clouds
I've been set free and I've been bound
And now I'm set free
I'm set free
I'm set free to find a new illusion
I've been blinded but
Now I can see
What in the world has happened to me
The prince of stories who
walk right by me
And now I'm set free
I'm set free
I'm set free to find a new illusion
I've been set free and I've been bound
Let me tell you people
what I found
I saw my head laughing
rolling on the ground
And now I'm set free
I'm set free
I'm set free to find a new illusion"
The velvet underground
Puisque je ne peux plus écouter cet album ainsi que quelques autres.
Passe quelques mois dans le noir.
La porte qui claque sur ton coeur haha le fou rire du drame.
Fascination du pire.
Toi et son contraire.
puis un matin
Ouvre les volets le ciel est bleu l'air est soudain le même que cet été merveilleux, tu sais.
Juillet-Septembre
puis
Rien n'est arrivé, c'était beau, non c'était laid.
C'était absurde et contrefait.
je ne t'ai jamais quitté non, non pas vraiment.
J'écoutais toujours electric warrior la tête sur ton épaule absente.
La pochette a disparu dans un coffre))
J'ai trop écrit trop bu trop cherché à m'étourdir à oublier à comprendre à te retrouver enfin
Lumière
Bientôt peut-être là de nouveau parmi les mots
aussi
puis
bonjour
ça faisait longtemps
vous n'avez pas changé
enfin pas vraiment
merci.
12:56 Publié dans * Plus Que Jamais | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : je plonge à jamais dans un délire sonore et tu t'allonges sur ce