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28.07.2007
L'Echappée belle
Playlist en attendant la scène;
Un vélo repeint en bleu ciel siglé Motobécane Pantin de 1968, je finis par me demander si ça n'est pas plus ringard que rétro/ mods, mais finalement tant mieux. Normalement on prend le train le 15 au (petit) matin pour Saint Malo, Route du rock et companie, donc d'ici là, à deux roues, on s'enfuie, on s'égare, partout ou ailleurs...
(Ablation du blabla sirupeux//A écouter, en vélo, en train, en voiture, les pieds dans l'eau ou dans les champs grillés du bord de l'autoroute...Enjoy.)
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The Fiery Furnaces - Waiting To Know You
(Retro keyboards ballade)
♠♠♠
(Electro gogo punk)
♦♦♦
(Swedish garage revival)
♣♣♣
The Smashing Pumkins - 7 Shades Of Black
(Retour fracassant)
♥♥♥
(Sublime cover des Stones)
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01:15 Publié dans * Chronicles from the Arty Basements | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fiery furnaces, xx teens, the strollers, smashing pumpkins, patti smith
24.07.2007
La solitude du lampadaire & le Mal du regard en coin (Reprise)
Le front qui lance et la cheville gauche en feu. Tout d’abord parce que lorsque l'autre déclame Born To Lose, ma tête s’explose contre le bois du bar. Même pas mal. Mes yeux sont aveugles et c’est le noir complet entre les mèches de mes cheveux. Ma tête sur les cuisses de Babé. Emmène-moi loin d’ici, dis-je. Ca pour le front. Les rues sont orange et les lampadaires solitaires. Tu entreprends de traîner une plante verte à travers les ruelles. Je shoote dans un réceptacle de poubelle. Encore, encore. Et dans ta foutue plante en pot. Là pour la cheville. Il fait trop frais et l’air est trop calme. J’ai hérité de la hargne et de la frénésie. Rictus en coin. Regard muet indivisible. Cataracte opaque et le noir intégral. Tout s’allume et tout s’éteint. Je grimpe au lampadaire. J’avais seulement besoin de trouver un prétexte pour laisser couler quelques larmes ; Puisque l’optimisme d’auto persuasion est parfois étanche. Je hais cette rue et j’ai le mal de la ville.
Et mon cœur s’endormait en banlieue, pelouse, soleil curatif, bords de Marne. Une fille est passée. J’avais le visage contre l’herbe et Babé un malaise en puissance. Cette fille est passée, son casque sur les oreilles, et j’ai songé que ce serait impossible mais trop tentant pour renoncer. Oui trop de signes et trop d’ampoules qui vacillent, et la décision inébranlable d’emmerder cette vie car être passif ou mort, c’est idem. Babé voit tout blanc, se sent des vertiges, la nausée, et j’ai envie de serrer son corps frêle dans mes bras, je suis là, et dans le RER où nous sommes parvenus à nous traîner, sa tête posée sur mes cuisses, ma main dans ses cheveux.
Puis les rues toujours orange et le lampadaire solitaire, ma vue se brouillant, le front contre le bois, les tempes qui bourdonnent, je hais cette rue, je hais cette ville, mais par contre je crains de …♪

Bande son : The Fiery Furnaces - Teach me Sweetheart
13:40 Publié dans * Plus Que Jamais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20.07.2007
la couscous + le guitare, timeless // Belladona child in the eastern suburb fields.
L’’accent charmant de Jane nous présente Gimme Shelter sur un plateau, nous, nous dégustons la tarte (aux pommes bien sûr) que j'ai concoctée avec amour, Papa dort, les Stones sont beaux, merci Arte; Serais-ce le nouveau summer of love? On y croit vachement haha. la chambre, le parquet, le rebord de fenêtre, tout y passe; les Pim's également. On danse. On se roule par terre. On a quinze ans, peut etre moins, peut-être plus mais qu'importe. J'ai choppé un torticolis vicieux en restant assise devant le ventilo du shebeen trop longtemps, c'est de ma faute. je ne sais pas quoi ajouter. Si : l'appenzeller c'est franchement infecte. On ira bronzer au bord de l'eau. Et de l'autoroute. on s'en moque. C'est toujours pareil ; le Maudit Blues. Intact. Mais sans lui, la page blanche. je pars dans les rues, des chats galopent sur mes pas. le lendemain, tu as encore disparu. But since then I live on Mars.


This is the end
Beautiful friend
This is the end
My only friend, the end
Of our elaborate plans, the end
Of everything that stands, the end
No safety or surprise, the end
Ill never look into your eyes...again

Take me out tonight
Take me anywhere, I dont care
I dont care, I dont care
And in the darkened underpass
I thought oh god, my chance has come at last
(but then a strange fear gripped me and i
Just couldnt ask)
Oh, there is a light and it never goes out

Parce que la luminosité est identique, le parfum de l'air identique, alors que la bande-son (le) soit. Les mêmes couplets à l'infini, indémodables, que l'on croyait avoir trop écouté et que l'on (re)découvre pourtant à peine.
J'aime ta façon de placer adjectifs et noms de manière aléatoire et incongrue.
L'année dernière, à la mÊmE EpOqUe j'écoutais :
-The Doors - The Doors
The Strokes - Is This It
-The Velvet Underground & Nico
-T-Rex - Electric Warrior
-The Raveonettes - Pretty In Black
-A.S Dragon - Va Chercher La Police

Je passerais les mêmes vacances sur la même plage de Rochebonne, tremperais mes lèvres dans la même crème glacée caramel beurre salé (c'est du sérieux), dans le même vent et sur la route du rock, peut-être avec les cheveux bouclés de C, comme depuis des lustres. je saluerai François René pour vous. Et dans mes oreilles il y aura, et dans l'autoradio il y aura, et dans les coeurs il y aura, intra-muros et hors de nos têtes car c'est toujours toujours toujours mettre un pied dans le passé que de
je n'arrive toujours pas à fermer l'oeil
Cadeaux, et supportez mes gémissements encore trois semaines ... (click les titres ;)
The Rolling Stones – Street Fighting Man
Girls In Hawai - Fontanelle
00:00 Publié dans * Plus Que Jamais | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nostalgie, summer of love, rolling stones, girls in hawai, the doors
15.07.2007
Electric Breeze In The Cherry Trees (bis)
Depuis le temps il fallait que je rejoue la carte de la NOSTALGIE; donc : Rebelotte. Alternative : Je coupe.
Où en sommes nous? Au même point dans une dimension parallèle, dirais-je, bien plus favorable en vérité.
Les litres d'encres, de larmes, de sueur, et autres fluides corporels ont coulé et à la source les mêmes coeurs irrigués d'espoir, de rage, d'euphorie primaire s'éveillent sous leurs couches de léthargie. Lumière. Que des lèvres siamoises ou un regard d'une profondeur indescriptible sauraient judicieusement entâcher. Vivants après tout? Remise à zéro des compteurs. (Il faut que les mots affluent, encore et encore, je t'en remercie.//Fondu au noir.)
Comparons donc, -car il m'arrive quelquefois de me replonger dans les abondantes archives de ces carnets suicidés- le titre de la note précédente avec l'épilogue de l'épilogue que j'écrivais en septembre 2006, et voyons nous-même combien il est aisé de me pardonner ma crise de fou rire, roulant sur le parquet désabusé.
Je repose sur le même rebord de fenêtre, roman brumeux et à vif à la main, en fond sonore, Electric Warrior, qui commençait à s'enpoussiérer dans son boitier crystal. Ah suave épopée sensuelle et aerienne, doit-on pleurer, rire ou jouir sur l'instant je demeure indécise.
En tout cas nous avons eu un beau feu d'artifice au ras des moustaches, l'air ambiant est lourd et moite et accentue la réminiscence. Comme l'arôme d'un marshmallow dans la bouche après des années d'abstinence.
Plus sérieusement, je me demande si Allen Ginsberg était un alchimiste incroyable sous amphétamines ou tout simplement touché du "génie presque juif" (Bukowski ,pourtant, je dirai 'sensibilité')
Et comme le clamait la boîte d'allumettes offerte pas la municipalité : "Sur la route vers de nouveaux buts" (texte original en allemand.)
Elle chasse la sueur qui perle à son front et coule le long de ses tempes, l’humidité au-dessus de sa lèvre du revers de son poignet, qu’elle essuie à son tour dans le bas de son marcel blanc grisâtre, lève les yeux, regarde l’ombre orangée par-delà la mer. C’est un pays ou les soirs d’été sont gris mais chauds, et l’ombre orangée du soleil qui se couche, l’espoir qui point vers demain. C’est un Monet façon vieil argentique, les couleurs sont passées mais l’espoir est un mal que l’on ne guérit pas.
La ville est un mal à elle seule. Elle vous colle à la peau comme une fine couche de crasse goudronnée qui s’insinue dans vos pores et vous monte au cœur. La nausée de la civilisation moderne rongeant la délicatesse faite chair.
you’re like the planets when you move <-CLICK (T.Rex - Chariot Choogle extrait de 'The Slider' 1972)
00:05 Publié dans * Narscico-land | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : encore, une, note, pour, rien
12.07.2007
Le mal de la ville et la fougue du lampadaire. Silence... Tu as un nez magnifique.
J'essaie d'écrire à jeûn, sans fond sonore j'entends, mais rien ne saurait pourtant ôter de devant mes prunelles abasourdies les images et ...oh c'est un très mauvais début. Que puis-je écrire ici? Ca ne saurait avoir de sens, mais je ne pourrais passer outre quand même... Donnez-moi un mot, une esquisse d'intelligible... NON. Celà fait longtemps, là j'ai envie d'être egoïste. Rien ne franchira le seuil de ma pensée.
Mais si bien tard après l'autre nuit, couchée en chien de fusil sur un paillasson dans je-ne-sais-plus-quel-immeuble, je n'arrivais pas à fermer l'oeil à cause d'une lumière à la source introuvable, il me semble à présent que c'était une torche allumée en mon être - que c'est mauvais, regardez comme on devient lamentable à évoquer des moments pareils! - Oh oui la Lumière faite chair entrée par mes orbites et soudain honteuse j'irradie. Pourquoi moi? Ce n'est pas mon genre pourtant de luire de la sorte, d'ailleurs je t'ai empêché de dormir. Ha, je hais cette rue, mais bon sang, c'est aveuglant. Piétinez-moi, etc, je crains que ça mette du temps à s'éteindre.
"Trois Heures Vingt-et-Une ou Comment La Mort M’A…"
Tu as connu également la sensation de la terre sous les pieds nus dans tes sandales. Fraîche et agréable comme du sable retourné, mais ton inconscient dans lequel s’est ancré l’image des grains noirs salissants empêche le rêve d’aller à son terme. Tu gis dans l’herbe, et il y a, pas forcément dans l’ordre parce que tout cela est très décousu quand tu te cabres la tête en bas ou rejetée sous toi et une jambe à l’est avec ton bras gauche, il y a donc de l’herbe, d’un vert tendre de printemps, qui vient de commencer à se dessécher aux premières grandes chaleurs, et un mur de briques rouges et par-dessus des branches immenses et fines comme des doigts magnifiques aux joyaux de cerises pas encore rougies, et ça et là encore quelques fleurs blanches dans les feuillages. Des corbeilles d’argent jaillissent d’un interstice dans un vieux muret, peut-être un oiseau y avait-il déposé des graines – qu’il aille au Diable - et là encore le mauve rassurant de la lavande et du lilas, et les pages que tu as arrachées sous toi, l’encre s’imprimant contre la paume de tes mains moites et tu tends ton corps comme si les os de tes hanches allaient poindre à travers ta peau et tu voudrais que personne n’ai jamais été mort, et tu préférerais peut-être que personne n’ai jamais vécu, avant, dans ton esprit, les cerisiers seraient moins acerbes et les corbeilles d’argent moins condescendantes et le plaisir moins de douleur et tu te moques de crier comme d’une guigne parce que pour toi c’est un paysage désert même hors-cadre que la vie à quitté pour toujours. Tu dis :
« Ils ne nous regardent pas n’est-ce pas, non, ils sont tous muets et réduits en cendres, ha, comme le souffle me manque pour m’en inquiéter encore. » Quand tu te retrouves le visage au ras du sol tu cueilles une pâquerette à tige trop longue entre tes dents et malgré la délicatesse de ton emprise ta mâchoire tremble et tes dents pressent la tige, et la sève coule sur ta langue, amère et infâme, qu’est-ce que la beauté des choses ? La grille à rouillé et par endroits la peinture verte s’est irisée de nappes violettes ou cuivre, un peu comme une peau de pétrole, et le soleil chauffe le métal mais il fait encore assez frais pour qu’une brise légère sèche la sueur à ton front, tu ressens le frisson par la nature et non par ton propre corps, mais dans le frémissement d’un feuillage, le gémissement d’une branche, la chute voluptueuse d’une fleur de cerisier ou la cambrure alanguie d’une gerbe de forsythia. Et il y a comme un désespoir éhonté dans cette nature orpheline, tout est mort ici songes-tu, tout est muet et mort que seul le vent agite, et dans l’ultime courant qui t’emportes tu penses que tu n’as vu ni entendu chanter aucun oiseau depuis que tu es entrée ici. C’est leur chair que tu foules et leurs dépouilles que tu piétines, dans ces tranchées presque effacées par les pluies et la brise dans lesquelles tes pas s’enfoncent, le goût de la sève c’est l’haleine d’un mort, et vos vies et vos cœurs qui battent crachent au visage de ses cadavres, à l’honneur de la famille, à la pérennité des choses et des êtres, à qui pour observer les portraits des disparus quand les branches se brisent tu dis : « J’ai oublié les noms, tu sais, qu’est-ce qu’un nom quand plus personne n’est là pour appeler ? Dis mon nom, je t’en supplie dis mon nom, dis-moi que nous ne sommes ici que des profanateurs de silence. Que reste t-il que la nature, témoin insolemment muet gardant pour elle et les rires et les danses, quelqu’un s’est-il jamais fait aimer comme moi au milieu de ce jardin en friche ? » Et ici tu baisais la main qui presse ton mamelon comme s’il allait en couler cette même sève, savons-nous que nous sommes morts ? Te donneras-tu la peine de brûler ce que de toute manière le temps finira par détruire ? Tu imagines les racines et les branches perçant les toiles et les briques se fissurant et la pluie s’infiltrant partout, ruinant tout, décollant et déshabillant les murs du Papier peint de style Régence à peine passé dans la grande chambre. Le lit, le bois, la poussière dénaturés, tu effleures le velours du fauteuil et le marbre de la cheminée. Ici dort la lourde pendule Art Nouveau dont l’horloge est encadrée de colonnes de marbre, soutenant un fronton sur lequel est couché un grand chien de bronze doré, et tu réalises combien cet assemblage qui t’était si familier te paraît à présent incongru, dérangeant. Les aiguilles se sont arrêtées sur trois heures et vingt-et-une minutes. Trois heures vingt-et-une pour l’éternité, un tableau figé de trois heures vingt-et-une et encore une boite à pilules de porcelaine posée sur la table de chevet de gauche. Tu ôtes tes sandales et tes pieds terreux écrasent la moquette rose de treize heures vingt et une et te jetant sur le lit, serrant les draps contre ton visage, tu te rends compte avec déception que ce lit sent déjà la poussière, les odeurs des corps sont-elles donc si éphémères ? Plus un parfum ici, plus une odeur familière comme une voix ou un glissement de pas, ainsi est la fascinante propension des choses à vivre sans nous, à nous oublier, à oublier le parfum d’une femme qui passa des milliers de nuits de sa vie dans cette chambre, à renier après notre départ leur ancienne appartenance. Il n’y a rien auxquelles les maisons orphelines ne soient plus fidèles que la poussière. Elle te fait éternuer, te prend à la gorge comme une sœur ennemie, poudre mystère comme toi intruse et fille du temps, de l’endormi, comme des cendres envolées hors de leur urne. Qu’ils aillent au Diable. Le plafond est plein de fissures mal dissimulées sous de fines couches de peinture blanche. Pendant que tu suis des yeux les lignes de vie des peintures qui s’écaillent la sève coule sur le dessus de lit mais tu veux rester ainsi encore un peu, il t’a laissée seule mais tu dis :
« Pourquoi la poussière n’a-t-elle pas de prise sur les corps vivants ? » La poussière c’est ce qui reste du sang séché dans les veines décomposées et que le vent disperse. Le carrelage est froid et il y a une ribambelle de petits flacons de parfums, fioles de verre multicolore posés sur une petite tablette. Sans les ouvrir tu sens le chèvrefeuille, tu revois la petite bouteille dissimulée sous ta robe à fleurs et tu savais qu’ils savaient mais qu’ils te laissaient faire. Et, douce ironie, il reste des poils de barbe sur les lames de rasoirs, d’une barbe qui ne poussera plus. Tu ouvres la petite armoire à pharmacie, et l’odeur de l’arnica et du camphre te saisis. Gisant là devant toi, un tube de lubrifiant. Personne n’a eu la décence d’enlever ça. Tu claques la porte, dévales l’escalier de bois terne qui geint, tu as les joues rouges mais tu te trouves si pâle dans la glace des morts. Avec la maladresse de la précipitation tu presses ta bouche et les lèvres qui te répondent sont chaudes et moites mais c’est déjà le souffle aigre de la mort. Et tu saisis la main qui te cherche et tu t’enfuis à travers la grande allée, et le vent agite les maudits cerisiers qui continueront de donner leurs fruits pleins de sucre bien après que tu n’aie quitté cette terre, et tu fuis l’oubli et la grande faucheuse de trois heures vingt-et-une aux mains enduites de lubrifiant et aux yeux de bulbes desséchés mais c’est comme si la mort était entrée par tes orbites et tu songes j’ai baisé la mort, j’ai baisé la mort dans ce jardin, où bien la mort m’a-t-elle baisé ?
Tout est gris sous le soleil estival, tu dis : « J’ai mal, ta peau était violacée, je le sens, Pippe. »


03:30 Publié dans * Plus Que Jamais | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Some, said, "I, had, a, dream"
08.07.2007
It's hard to hold the hand of anyone who is reaching for the sky just to surrender
Quelqu’un a écrit que Chinaski est vivant au pont des Arts mais ça n’est pas de cela
dont je vais vous parler.
Plutôt des ombres du ciel à la fenêtre - pas les nuages, les ombres comme sur l'aquarelle ratée sur laquelle tu mélanges les couleurs - quant à dix heures du soir il fait encore insolemment jour et qu'appuyée à la rambarde j'essaye de faire en sorte que la fumée ne rentre pas dans la pièce, avec un fond de whisky et un roman similaires d'amertume et de réconfort, et le téléphone qui ne sonne pas et Leonard Cohen en sourdine depuis la platine. je contemple la ville qui ne me voit pas et les yeux me brûlent et ma gorge se serre et tout celà ne m'inspire que du dégoût en somme. On a jamais idée de la merde qu'on peut foutre à l'intérieur de soi quand même.
Le problème, vois-tu, c'est de dépendre tellement des autres et de ne s'en rendre compte quand plus personne n'est là parce que tu les a plus ou moins foutu dehors et vraiment ça n'est pas très malin d'aimer comme ça. Je ne fais pas l'apologie de l'insensibilité ou d'une quelconque frigidité du coeur ou du corps parce que ce ne sont que des fantasmes intrinsèques de gens blessés. Avoir l'air tellement forte et n'être à l'intérieure qu'une poignée de pages arrachées d'une oeuvre radicalement remaniée.
Quant A. m'appelle j'ai tellement envie de pleurer mais ses paroles me font sourire avec mes litres de prose éthilique dans le sang et je dis que je veux partir en Inde moi aussi et en fait je crois que j'ai une propension maladive à suivre qui que se soit au bout du monde (ou juste d'aller voir la mer enfin ça c'est une autre histoire aussi on n'est pas non plus obligés de se noyer à la fin comme dans le roman parce que bon la littérature...)
Enfin je décroche le téléphone et l'on me rétorque une histoire invraisemblable du genre tu vois c'est comme un homme et une femme qui sont mariés depuis vingt-cinq ans et l'homme aime sa femme profondément mais juste un soir il a envie d'aller voir une jeune fille blonde et parfaite et après il revient auprès de son épouse parce que c'est cette dernière qu'il aime mais bordel est-ce que tu te rends comptes des choses que je me prends en pleine figure par moments ou pas? je connais ton desespoir chronique mais ne me fais pas croire que tu ignores le mien. Donc je finis le whisky et aussi une autre pinte du roman et une dizaine de cigarettes et puis ensuite la nuit tombe, enfin. Des gens me font signe d'Angleterre ou des alentours et je tappe sur le clavier comme si ma vie en dépendait et je sirote du thé à la vanille parce qu'à présent la migraine m'a repris. Oh, le téléphone ne sonnera plus. Comme on est seul, tu sais dans toute cette immensité. Et ce fantasme de pouvoir se suffire à soi-même oh, dis-je à jack, c'est de la littérature, ça fait pleurer les rêveurs et grincer des dents.
(Clichés de ma chère et talentueuse amie Ana D.)
19:15 Publié dans * Narscico-land | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note